Le mobilier

En 1947, le chanoine Albert Michiels, alors officiant de la paroisse, décida d'offrir à l'église un maître autel digne du style et de l'ameublement baroque de l'édifice. Le nouvel autel fut taillé dans un bloc de marbre de Skyros du poids de dix tonnes, la table d'autel mesurant 4m de long sur 1,35m de large. Le tabernacle était placé assez haut pour être aperçu du fond de l'église sans interrompre la perspective du choeur.

En 2004, par l'entremise de l'IRPA, le CPAS de Bruxelles rencontra l'Abbé Philippe Dupriezdans l'espoir de sauver du mobilier baroque de la chapelle de l'ancien hôpital Saint Jean désaffecté en 1937 puis démoli en 1950 au moment de la construction de la jonction ferroviaire Nord-Midi. Transféré auparavant dans la chapelle de l'hôpital Brugmann ne pouvait-il trouver un nouvel hébergement en l'église de la Sainte Trinité, à l'architecture plus adaptée?


La chapelle désaffectée de l'hôpital Brugmann créée par Victor Horta va être rénovée pour devenir une salle de conférences. Il fallait réimplanter ailleurs ce mobilier qui comprend un extraordinaire autel, une puissante chaire de vérité, des tableaux signés Van Orley et de Péry. Ce mobilier qui sera ainsi sauvé de la désintégration arriva en toute hâte à la Trinité les 3 et 4 janvier 2005 sous le contrôle avisé de l'IRPA.

 

L'autel et la chaire de vérité sont  l'œuvre de l'ébéniste J.F. Van Hool. L'autel, néo baroque, de 1863 a des dimensions impressionnantes: une hauteur de 6.5m sur une largeur de 9m et 2m de profondeur.
La chaire de vérité, toute aussi importante avec ses deux escaliers, date de 1858.

 

Grâce à des donateurs qui souhaitent garder l'anonymat, la Fabrique d'église a pu organiser la restauration et le remontage de ce mobilier. Messieurs Jean-Albert Glatigny, Damien Bourlée et Denis Dayez furent les artisans enthousiastes et consciencieux de ce travail.

Les tableaux intitulés "le Christ et le Centenier" et "la Madeleine aux pieds du Christ" sont datés de 1736 et de la main de Nicolas-Emmanuel De Pery."Saint Eloi guérissant les malades" date de 1701-1703 et est de Jan Van Orley, le plus jeune de la quadruple génération de peintres bruxellois.
Ceux-ci devraient connaître 'une restauration importante pour apporter toute leur puissance artistique..

Les restaurateurs,    nous les avons....Les fonds nous ne les avons pas...Alors si vous vous sentez une âme de donateurs pour poursuivre les réaménagements de l'église et de son mobilier...n'hésitez pas à contacter la Fabrique d'église,voire l'Abbé Philippe Dupriez.

Quoi qu'il en soit, la preuve est apportée une fois de plus que l'histoire n'est qu'un éternel recommencement. Cette église fut édifiée avec les pierres d'une autre qui fut démolie pour réaliser le voûtement de la Senne. A son tour, elle est l'écrin sauveur d'un mobilier qui, à l'origine sur le traçé de l'actuelle jonction ferroviaire bruxelloise, vient se trouver une place plus définitive.

Une statue appelée "Epheta, ouvre -toi" d'Isabelle Van Wylich vient ajouter une marque contemporaine à ce lieu, en attendant le placement d'un autel fédérant de tant de beauté méditative.

N'est-ce pas un beau rôle pour une église que" d'héberger " des œuvres qui ont une réelle valeur artistique.